Je veux être libre de choisir le vélo

Je veux être libre de choisir le vélo
© Pinar Pinzuti

Il existe un principe fondamental du comportement humain : lorsqu’on nous offre la bonne option, nous avons tendance à faire le bon choix. C’est précisément le sens profond de la Journée mondiale du vélo, une célébration qui ne devrait pas seulement mettre à l’honneur un moyen de transport, mais reconnaître la valeur d’une possibilité simple, accessible et porteuse de transformation.

Nous sous-estimons souvent à quel point notre environnement influence nos habitudes quotidiennes. Si, dans un supermarché, les produits écologiques sont bien mis en avant, ou si le menu d’un restaurant propose des plats végétariens appétissants et des bowls de fruits frais, nous sommes naturellement enclins à les considérer. Nous le faisons parce que l’alternative durable est là, sous nos yeux : disponible, claire et concrète. De la même manière, nous trions nos déchets presque sans y penser lorsque les conteneurs sont bien signalés, tout comme nous choisissons des contrats d’énergie renouvelable lorsque les fournisseurs les rendent accessibles.

Le vélo ne fait pas exception. Si, devant chez nous ou à proximité d’un pôle d’échange avec les transports publics, nous trouvions une piste cyclable sécurisée et un stationnement protégé, le choix deviendrait naturel. Toute personne capable de pédaler devrait avoir cette opportunité, et pourtant, dans trop de villes, cette alternative reste un mirage. Sans une possibilité réelle et structurée, même la communication la plus efficace menée par des acteurs essentiels — associations, administrations, entreprises — ne suffira pas à transformer radicalement les habitudes collectives.

Nous devons être conscients qu’à l’avenir, nous ne nous déplacerons pas moins. Le trafic, mot dont l’étymologie renvoie à l’activité, aux échanges de biens et de relations, continuera de croître. Le véritable défi n’est pas de l’arrêter, mais de le repenser entièrement. Aujourd’hui plus que jamais, il revient aux décideurs politiques de créer cette option cyclable, en la rendant visible et sûre pour les villes d’aujourd’hui et de demain.

À l’occasion du 3 juin, célébrons la Journée mondiale du vélo avec un engagement clair : faire en sorte que pédaler ne soit plus un acte d’héroïsme, mais un choix libre et quotidien pour toutes et tous.


Pinar Pinzuti


Pinar Pinzuti, « cycling brainwasher », œuvre pour rendre le vélo accessible à toutes et tous, en transformant les villes grâce à des projets à fort impact social. Lauréate du Prix spécial ONU World Bicycle Day 2022 pour son engagement exceptionnel dans la promotion de la mobilité cyclable à l’échelle mondiale.

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