Il n’existe pas un seul corps de cycliste

Il n’existe pas un seul corps de cycliste
© Ibrahim Ngadi

Pendant longtemps, les vêtements de vélo ont été pensés pour un profil unique : un corps performant, jeune, souvent masculin, dans une esthétique très codifiée de la performance. Les campagnes montraient des routes désertes, des efforts extrêmes, et une idée assez fermée de ce que “bien rouler” voulait dire.

Aujourd’hui, ce récit évolue. Les marques qui s’adressent au cyclisme — qu’il soit urbain, sportif ou utilitaire — révisent progressivement leur manière de communiquer. L’inclusivité n’est plus un slogan ajouté en marge, mais un axe de narration plus central : diversité des corps, des genres, des âges, des usages. Le vélo n’est plus uniquement une affaire de performance, mais aussi de quotidien.

On voit apparaître des campagnes où les modèles ne correspondent plus à un seul standard. Des personnes qui pédalent en ville pour aller travailler, des parents avec des enfants, des corps non normés, des styles vestimentaires variés. Comme le résume une directrice de communication d’une marque de cycling apparel : “Nous ne voulons plus montrer le cyclisme comme une exception, mais comme une pratique ordinaire, accessible à des réalités très différentes.”

Cette évolution est aussi visuelle. Les images s’ouvrent : plus de rue, plus de contexte urbain, plus de spontanéité. Le vêtement n’est plus seulement montré dans un effort sportif idéalisé, mais dans la vraie vie — sous la pluie, dans les transports, au coin d’un feu rouge.

L’inclusivité ne consiste pas à ajouter des profils différents, mais à élargir la définition même de ce que signifie être cycliste. Ce changement n’est pas uniquement esthétique ou marketing. Il accompagne une transformation plus large du vélo lui-même : un objet de mobilité quotidienne, de liberté, de transition écologique, mais aussi d’expression personnelle.

Il n’existe pas un seul corps de cycliste, ni une seule manière de rouler — seulement des vies différentes, en mouvement.