Le vélo en ville devrait pourtant être une évidence pour tous.

Le vélo en ville devrait pourtant être une évidence pour tous.
© Michelle Henderson

La ville à vélo, pour l’usager, c’est avant tout une facilité de déplacement : plus rapide que la marche, plus pratique que les transports en commun, plus abordable que la voiture. La ville à vélo pour les personnes qui transforment la ville, c’est une bataille : mètres carrés de voirie à récupérer, priorité aux intersections à faire valoir, budget à allouer. Le vélo en ville devrait pourtant être une évidence pour tous ; une mobilité du quotidien dont la ville et ses habitants ont besoin ; une réponse à tant de maux actuels.  

 Le courage de transformer l’espace

Pour que le vélo devienne une alternative crédible et massive à la voiture individuelle, il est nécessaire de transformer l'espace public. C’est une démarche indispensable. Nous ne pouvons pas espérer que les citoyens se mettent en selle s'ils doivent évoluer au milieu d'un trafic dense, rapide et dangereux. Il faut donc construire des infrastructures dédiées et sécurisées : des pistes cyclables en site propre, des carrefours repensés, des stationnements adaptés. Ce rééquilibrage de la voirie, qui redonne de la place au vélo, exige une volonté politique forte et un soutien des citoyens convaincus. C'est l'étape fondatrice pour garantir la sécurité et le confort de tous, des enfants aux personnes âgées.

 La ville y gagne : apaisement et vitalité

Lorsqu'une commune choisit d'investir dans cette mobilité, c'est toute la ville qui en ressort gagnante. L'espace urbain s'apaise. La pollution sonore diminue. La qualité de l'air s'améliore. Les commerces locaux retrouvent leur vitalité. C’est parfois l’occasion de végétaliser l’espace public. Le visage de la rue retrouve une échelle humaine et conviviale.

 Les habitants y gagnent : santé et liberté

Au cœur de cette transformation urbaine, les citoyens sont les premiers bénéficiaires. Pédaler offre une liberté de mouvement inégalée, redonne du pouvoir d'achat, et surtout, intègre une activité physique quotidienne dans des vies bien remplies. Les gens y gagnent en bien-être, en vitalité, et en sérénité.

En redessinant nos rues pour le vélo, nous ne faisons pas que modifier un mode de transport : nous choisissons de bâtir un environnement plus égalitaire, plus sain, plus convivial.

© Clotilde Imbert

Clotilde Imbert

Directrice de l'agence de conseil Copenhagenize, Clotilde Imbert est une urbaniste spécialiste de la ville durable et de la mobilité cyclable. Elle partage son expertise en France comme à l'étranger lors de missions, de formations et de conférences. Profondément engagée, elle conçoit le vélo non seulement comme un moyen de transport redoutablement efficace, mais aussi comme un formidable outil d'aménagement urbain et d’émancipation féminine.

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